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La selle DEBYA à travers l’oeil du kinésithérapeute

écrit

8 avril

Lecture

20min

Tout d’abord, ma réflexion de kinésithérapeute sur une selle individualisé porte sur trois aspects :

  • la biomécanique et l’efficacité d’un geste technique,
  • la physiologie, les effets sur le fonctionnement du corps humain ,
  • la stabilité, le confort à l’appui notamment dans la durée.

Toute avancée technologique dans le monde du sport doit certes prouver un gain de performances, mais aussi remplir des critères de confort, de durabilité, de fiabilité (le gain obtenu doit être certain, systématique).

1) Sur le plan biomécanique : une selle rigide aura une précision concernant les surfaces d’appuis qui sera meilleure qu’une selle en mousse. Après une heure en selle, on peut imaginer que l’élasticité de la mousse sera totalement consommée, impactée par le poids du corps, l’effet de suspension est alors « tassé ». Les zones de compression sont inégalement réparties en regard de la structure en dessous de la selle.

Une selle rigide individualisée devrait répartir équitablement la pression entre les os : coccyx, les tubérosités ischiatiques et branches pubiennes. On sait par exemple que les antécédents traumatiques de chutes rendent la compression du coccyx particulièrement douloureux.

La pratique de la kinésithérapie me conforte dans l’idée que chacun sait trouver une position antalgique, personnelle, tant que cette position n’est pas instable ou trop épuisante. Une équipe formée à la prise d’empreinte devrait permettre de répondre à cette demande.

Sur un aspect de performance pure, je suis intéressé par une analyse des gains de transmission de force produit par la stabilisation du bassin. Plus techniquement, une modélisation du travail arthrocinématique de la coxo-fémorale et des sacro-iliaques me semble prometteur. Enfin, en d’autres termes, lors du pédalage, on imagine bien qu’une forme de guidage/stabilisation sur les os (notamment les tubérosités ischiatiques) peut améliorer le travail musculaire autour de la hanche et en direction des lombaires.

Je m’interroge sur la possibilité du matériau choisi par DEBYA d’avoir une relative élasticité pour restituer des forces de déformations légères. La selle donnerait ainsi au cycliste un effet ressort bonus. Cet effet se doit d’être discret pour ne pas être déstabilisant, dans ce cas, cela pourrait s’avérer crucial en compétition.

Mécaniquement, les mouvements de déformations de la selle et de la mousse pour les produits conventionnels sont toujours le résultat d’un gâchis d’énergie musculaire. Actuellement il y a un consensus pour dire que l’absorption de la poussé de chaque hémi -bassin dans la selle n’est pas restitué vers la pédale.

La diminution des déformations et des frottements pourrait atténuer l’augmentation de la température dans la région périnéale. Certains confrères et peut-être bientôt des chercheurs suspectent lien entre la production de chaleur locale par friction et la probabilité de déclencher un cancer des lèvres chez la femme notamment. En tout cas il est cohérent de penser que la chaleur et l’afflux sanguin local augmenterait l’activité métabolique de manière considérable dans la zone notamment chez les professionnels, hommes comme femme.

2) Sur le plan physiologique il est question des tissus mous : muscles, fascias, nerfs, vaisseaux sanguins et le noyau fibreux central. En kinésithérapie, le traitement du périné est tout à fait central. Lorsqu’il n’est pas abimé, la prévention des pressions excessives sur cette région est un impondérable.

Le syndrome d'Alcook, induit par la compression du nerf pudendal, constitue la plainte principale concernant le périnée. Ce syndrome entraine des douleurs, engourdissements jusqu'aux troubles sphinctériens et chez l'homme des troubles de la fonction érectile.

De nos jours on sait que la compression vasculaire est autant en cause que la compression nerveuse. Le déficit d'apport en sang dans toute la région va rapidement altérer le fonctionnement du nerf. Lorsque l’apport en sang diminue, le nerf ne fonctionne plus dès qu'il est restreint en oxygène, contrairement au reste du corps il ne peut fonctionner en "dette" d'oxygène.

Des méta analyse (le plus haut niveau de validation scientifique) ont mis en évidence que les selles conventionnelles avec un nez plus long restreignaient le plus l'afflux sanguin dans le périnée. On peut supposer qu'un nez long standard comprime aussi le nerf genito-fémoral en poussant contre la branche pubienne à l'avant du périnée. Le territoire cutané engourdi est ainsi largement augmenté. Des selles sans nez n'ont certes pas ce défaut de compression vasculaire mais elles ne proposent pas une surface de contact suffisante : elles sont réputées trop instables.

Les selles évidées au centre sont pour moi l'archétype de la fausse bonne idée. Si on met un trou sous le périné, plus de compression, plus de problème. C'est tout l'inverse, les tubérosités ischiatiques qui forment les appuis latéraux du périnée vont récupérer toute cette pression. Pour donner une comparaison, essayez de faire du gainage en planche envous appuyant seulement sur les coudes, sans appuyer les avant-bras au sol... c’est unedouleurgarantie en regard de l’os surle coude.

Enfin une structure dont il faut prendre soin, c'est le noyau fibreux central. C'est une structure d'amarrage musculaire libre au milieu du périnée quasi sous-cutanée, situé entre l'anus et le vagin/les testicules. Sur une selle évidée ce noyau va subir une tension d'étirement par tous les muscles du périnée qui s'insèrent dessus. En cas de faiblesse le périné va souffrir de cet étirement. La flexion du tronc (notamment en position chrono) et l’effort respiratoire contribuent à augmenter cette mise en tension. Ce noyau est très richement vascularisé et innervé ce qui signe l'importance de réguler la pression sur cette structure.

De ceux qui pensent que les tensions musculaires des petits muscles du périnée n'ont pas d'impact sur le noyau fibreux : après plusieurs accouchements la maman voit leur noyau fibreux s'aplatir à la suite des tensions musculaires de manière à doubler sa surface par rapport à une femme nullipare.

L'enjeu d'une selle avec empreinte est de trouver un compromis. D'une part, on a la selle conventionnelle à nez long qui comprime directement tous les vaisseaux et les nerfs du périnée. De l'autre côté les selles évidées qui étirent le périnée avec le noyau fibreux en

clé de voûte et une pression majeure renvoyée sur les appuis osseux (tubérosités ischiatiques). Un maintien du périnée et des appuis osseux modéré devraient garantir un flux sanguin suffisant et surtout constant. Les recommandations officielles sont de décoller le bassin le temps que l'engourdissement passe. C’est un problème pour les professionnels qui font des chronos et qui doivent se redresser pour soulever le bassin, ce qui casse leur aérodynamisme. Les amateurs se sentent aussi limités dans la durée de leur sortie car la durée sans inconfort diminue au fur et à mesure des épisodes de levés de selles.

3) Sur le plan du confort : instinctivement, une selle dure peut sembler très inconfortable. Pourtant, mon expérience de Kiné me renvoie vers le discours que me tiennent mes patients amputés d’un membre inférieur. Lorsqu’ils ont une prothèse de pied/jambe de

« série », des matériaux souples et mous font tampon pour limiter les surpressions. Il y a toujours au moins une chaussette de silicone entre le moignon et le fond de la prothèse. Comme ils ont un temps de marche généralement inférieur à 20-30 minutes, c’est suffisant. Ici la chaussette est l’équivalent de la mousse pour une selle conventionnelle. Dans le cas de patients amputés sportifs avec une prothèse moulée sur mesure au moignon haut de gamme, l’appui est plus direct et dur pour garantir une répartition homogène des contraintes. Du fait de leur état de santé général, ces patients marchent plus vite, plus longtemps et sont plus fortement en charge sur leur moignon. Pourtant, on retrouve dans cette population moins de lésions/douleur du moignon et surtout un sentiment de normalité/fluidité lorsque la cheville est articulée.

Évidemment, on attend de la selle sur mesure d’être l’équivalent de cette prothèse sur mesure haut de gamme. Pour cela voici mon cahier des charges :

  • Une rigidité de la selle sans zone de surpression majeure pour apporter stabilité et confort. Cela doit être garanti par une prise d’empreinte dans des conditions cliniques.
  • Une faible souplesse pour donner un effet ressort secondaire.
  • Un périné maintenu sans compression vasculaire excessive pour stopper le syndrome d’Alcook.
  • Un sentiment appropriation de l’objet dans le prolongement du mouvement du corps.

On note déjà des signaux prometteurs comme un rapport individuel au client : personnalisation, adaptation position chrono ou route…

La rigueur dans la standardisation du process avec une technique breveté et une prise d’empreinte uniquement avec des professionnels de santé ou du sport partenaire.

Benjamin Porcher Masseur-kinésithérapeute.